mercredi 1 janvier 2014

Bonne "année de grâce" 2014 !


Il fut une époque où l'on désignait les années depuis la venue du Christ comme  "l'an de grâce". Et si on vivait "l'an de grâce 2014" comme une véritable année de grâce ? C'est ce que je vous souhaite pour l'année qui commence !


Loin de moi toute nostalgie médiévale ou royaliste. L'idée d'une "année de grâce" vient en fait de la Bible. Dans l'Evangile de Luc, pour introduire son premier discours, Jésus lit Esaïe 61.1-2 : "L'Esprit du Seigneur est sur moi [...] pour proclamer l'année de grâce accordée par le Seigneur" (Luc 4.18-19). Et il ajoute : "aujourd'hui même, cette prophétie est accomplie" (v. 21). Autrement dit, depuis la venue de notre Sauveur, nous sommes dans l'année de grâce [une année qui dure déjà depuis 2000 et quelques années] ! 


Mais au fait, ça vient d'où cette idée "d'année de grâce" ? 
- [Le lecteur] Hé bien, d'Esaïe 61.2, tu l'as déjà dit !
- [Le blogueur] C'est juste, mais d'où Esaïe sort-il cette expression assez surprenante ???
- [Le lecteur qui connaît bien sa Bible, et qui aime en particulier méditer le Lévitique] : Peut-être bien qu'Esaïe fait allusion à l'année du Jubilé, une année sabbatique consacrée à l'Eternel, durant laquelle les dettes sont effacées, les esclaves libérés, et où chacun récupère ses terres [Lévitique 25]. 
- [Le blogueur qui considère le lecteur comme quelqu'un d'intelligent] : Je partage ton avis très avisé ! Donc du coup, "l'année de grâce" que Jésus vient "proclamer", serait l'année du Jubilé ? 
- [Le lecteuuuur] : Euuuuhh... 

Et effectivement, il y a de quoi hésiter ! En effet, nous savons bien que Jésus n'est pas venu prendre la suite de Spartacus pour encourager les esclaves à la révolte contre leurs maîtres, et reprendre leur liberté. Jésus n'est pas  venu lancer un mouvement économique prônant la restitution des terres aux petits paysans exploités par de grands exploitants. 
Jésus est certainement celui qui nous fait entrer dans l'année du Jubilé ; mais un Jubilé un peu différent de celui de Lévitique 25*. Le Jubilé de Jésus apporte la liberté, mais l'esclavage dont nous sommes libérés est celui du péché. Le Jubilé de Jésus vient effacer nos dettes, mais il s'agit d'une dette bien plus grave que celle que nous avons envers notre banquier puisqu'elle a des conséquences jusque dans l'éternité : Jésus vient régler la dette que nous avons envers Dieu ! Le Jubilé de Jésus nous apporte la restauration dans notre héritage : mais les terres qui nous sont restituées sont celles d'un Royaume éternel et inébranlable. Et tout cela, c'est cadeau ! Un cadeau que Dieu nous fait en Jésus-Christ !

Mon voeu, pour vous, en cette nouvelle année, c'est que vous puissiez vivre 2014 comme une année de grâce ! Réjouissez-vous : votre Dieu vous offre une année gratuite dans sa présence, sans que vous ayez quoi que ce soit à faire pour la mériter ! Alors, en ce premier janvier, faites la fête ! Sortez vos "trompettes" (Lv 25.9), vos cotillons, et vos serpentins : 2014 est une année de grâce ! Et cette fête, refaites-la demain, et encore après-demain, et l'année prochaine, et tous les jours de l'éternité !

Bonne année de grâce 2014 !



* [Note pour le lecteur exégète à ses heures] Nous avons en Luc 4.16-22, un cas d'intertextualité très intéressant : pour présenter un aspect important du ministère de Jésus [le pardon des péchés], l'évangile de Luc met en exergue un discours de Jésus qui lui-même s'appuie sur une citation d'Isaïe 61 qui elle-même fait très certainement allusion à l'année du Jubilé présentée en Lévitique 25. On a ici un cas d'école pour comprendre la manière dont l'Ecriture interprète l'Ecriture. Pour ma part, je suis plutôt convaincu que Luc 4.18-19 cite Isaïe 61.1-2 avec en tête l'idée du Jubilé. Sauf que la libération du Jubilé est réinterprétée comme une libération du péché. On retrouve une réinterprétation du Jubilé assez similaire dans un texte de Qumrân (11Q13). Après tout, le texte du Lévitique faisait déjà le lien entre le Jubilé et le pardon des péchés, puisque le Jubilé devait être proclamé lors de la fête du Yom Kippour, jour du "grand pardon" (Lv 25.9-10).

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